13 : Le Cimetière
« Les américains morts étaient directement et au fur et à mesure évacués tandis que les allemands ne seront ramassés qu’à la fin de la bataille. »
Récit de Christian Fautré
« Ce ne fut cependant qu'à la fonte des neiges qu'on s’est rendu compte des dégâts.
De nombreuses étaient maisons étaient incendiées ou détruites par la pluie d'obus qui s'était abattue pendant plusieurs jours sur le village. »
Récit d’Albert GAILLARD
Vers la mi-janvier, Gaston, un jeune homme de Bourdon, voulait aller chercher du pain à Verdenne.
Beaucoup d’endroits n’avaient pas été renseignés comme zone dangereuse, vu l’épaisseur de neige qui subsistait par endroit.
Il emprunta le sentier de Verdenne, trébucha sur un fil et déclencha plusieurs mines anti personnelles.
Il fut pris en charge par l’armée et, après quelques semaines, il rentrait au village.
L’incident n’avait pas été trop grave.
Le dégel est enfin arrivé, on pouvait prudemment s’aventurer sur le champ de bataille.
Certains chars ne pouvaient être approchés à cause des mines.
Certains endroits étaient renseignés par des panneaux « Danger ».
Nous avons visité plusieurs chars : le Sherman et les deux blindés se trouvant à gauche de la route du monument du Calvaire à Verdenne, le Panther et le Marck IV.
Quand les patrouilles américaines explorèrent la « Poche », elles y trouvèrent deux cents morts et vingt-cinq blindés démolis.
« Face à la chapelle de Bourdon, une grande ferme en pierre, un endroit rêvé pour se mettre à l’abri.
L’armée américaine avait installé son poste de secours derrière ce bâtiment.
L’accès se faisait par un chemin ayant son entrée à la route principale.
Les combats s’étaient éloignés de Bourdon, les jeunes se rassemblaient où il y avait de l’animation.
Venant du champ de bataille de Verdenne, les cadavres arrivaient à cet endroit en jeep ou en Dodge.
Les soldats occupés à ce travail pénible empoignaient le cadavre par un bras et une jambe, lançaient la dépouille sur le camion où les corps s’amoncelaient.
Lorsque le camion était chargé, il prenait la direction de Marche, pour conduire les cadavres dans une fosse commune du nouveau cimetière provisoire, situé chaussée de l’Ourthe ».
Récit de Mr Raymond Hebrant