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Verdenne 1944 – 2024
Commémorations le 22 décembre 2024

L'évènement L'actu

7 : Les 24 et 25 Décembre

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Le 24 décembre…

« Un Officier américain montait à Verdenne pour se faire raser chez le petit René (coiffeur à Verdenne).
Une estafette vient lui remettre un message, le lit et sans attendre à moitié rasé il part sur le champ…
Les Allemands sont là. »

Récit d’Albert Gaillard

Bien encadrés par deux divisions installées sur leurs flancs et forts d’un soutien important de l’artillerie, « les Railsplitters » sont bien décidés à s’accrocher au triangle Verdenne – Marenne - Bourdon

Vers 15H00, une contre-attaque menée par deux compagnies d’infanterie appuyées de chars réussit à nettoyer les bois des Hys.

Quasi simultanément une centaine de grenadiers Allemands accompagnés de chars (Cinq panzers et deux véhicules blindés) et précédés de violents tirs d’artillerie débouchent des bois de Grimbiémont.
Ils passent par la ruelle des Chevaux et prennent pied dans le haut du village, sans parvenir à en conquérir la totalité.

Vers 17H00 les chars du Kampfgruppe Bayer, retardés par l’obstruction du pont de La Roche, traversent rapidement Verdenne pour atteindre les bois au Nord Est où les équipages épuisés arrêtent leurs véhicules au calvaire de Bourdon.

A la tombée du jour, les Allemands sont maîtres de Verdenne et leur artillerie légère s’avance pour prendre la grande route sous le feu.

Après d’âpres combats d’infanterie, les américains doivent se résoudre à abandonner leurs positions.

Délogés de Verdenne, pivot de leur ligne de défense, la situation est extrêmement critique.

Ils rétablissent leur front à quelques centaines de mètres au sud de la route de Marche à Hotton puis contre-attaquent aux environs de minuit.
La compagnie de tête se perd, tombe sur des chars allemands du côté du calvaire puis se retire vers une carrière où elle s’installe défensivement.
Deux autres compagnies prennent le bon chemin et arrivent à Verdenne sur le haut du village. Le colonel Johannes Bayer, chef de corps du Panzer-Regiment 16 se prépare à attaquer Bourdon dès le lendemain matin.

Il fallait reprendre Verdenne.

C’est décidé, la contre-attaque américaine aura lieu à minuit la veille de Noël.

Pour les passionnés…

Informé de la situation, le lieutenant-colonel Charles Hoy, commandant le 334ème régiment d’infanterie, ordonne une contre-attaque, qui démarre à 15h10.

Ce sont les compagnies Alpha et Kilo, renforcées d’un peloton de Sherman, qui sont chargées de la mission.

En atteignant la lisière Nord du bois des Hys, les Américains trouvent les Allemands disposés en tirailleurs et prêts à avancer.
Le Lieutenant-Colonel Hoy ignore que le 1er bataillon du Panzergrenadier-Regiment 156 se prépare à attaquer Verdenne depuis le sud et que le détachement à pied du groupe de reconnaissance doit soutenir cette action.

L’irruption des blindés américains enlève toute volonté de se battre à beaucoup d’éclaireurs allemands et une cinquantaine sont faits prisonniers.

Les autres s’enfoncent dans le bois ou sont tués.

Le triomphe des Railsplitters est de courte durée car, à 15h50, le 1er bataillon du Panzergrenadier-Regiment 156 lance son attaque.

Une compagnie de Panzergrenadiere, soutenue par cinq chars, une automitrailleuse et deux blindés semi-chenillés, prend pied dans Verdenne, submergeant le 2ème peloton de la compagnie India.

Les Américains s’accrochent aux maisons et les Panzergrenadiere piétinent.

Une accalmie survient peu après 17h00.

Mais vers 18h00, l’arrivée d’un Kampfgruppe commandé par le colonel Johannes Bayer, chef de corps du Panzer-Regiment 16, relance l’attaque allemande.
Le groupement comprend 15 chars conduits par le Major Gerhard Tebbe, tout le Panzergrenadier-Regiment 60 et la 3ème compagnie du bataillon de génie, soutenus par le 1er groupe du Panzerartillerie-Regiment 146.
Une panne de véhicule radio coupant les liaisons entre les batteries et les observateurs avancés, cette dernière n’est pas d’un grand secours aux assaillants, mais leur supériorité numérique contraint le restant de la Compagnie India à abandonner Verdenne.

Le 24 décembre vers 23h00, les survivants de la compagnie India se rétablissent à quelques centaines de mètres au sud de la nationale 86 tandis que, sur leur gauche, la compagnie Kilo prend position à la lisière Sud du bois des Hys.
Les combats cessent provisoirement.

A la fin de cette terrible nuit de Noël, les Allemands se sont glissés, en force, à l’arrière de la ligne de front dans le même secteur boisé, entre Bourdon, Verdenne et Marche.

Plus de deux cents ennemis fortement armés et soutenus par 30 blindés repoussent les Américains et les harcèlent sans répit pendant toute la journée.

Le château à 500 m au nord-est du village est également aux mains des Allemands.

La contre-attaque dans la nuit du 24 au 25 décembre…

Les renforts américains observés par les patrouilles allemandes appartiennent pour la plupart au 3ème bataillon du 333ème régiment d’infanterie, mis à la disposition du 334ème et chargé de reprendre Verdenne par une contre-attaque nocturne.

La compagnie Kilo doit progresser en tête, guidée par un sous-officier de la compagnie India du 334ème.

Les hommes de celle-ci sont supposés connaître le terrain, mais dans l’obscurité, le guide se trompe de chemin et, après avoir franchi la voie ferrée, plutôt que de tourner à droite, en direction de Verdenne, il tourne à gauche pour prendre la route de Marenne.

La compagnie Kilo progresse en colonne double de part et d’autre du chemin, les deux files étant précédées du Sous-Lieutenant John Campbell, chef du 2ème peloton sur la gauche et du lieutenant Harold ‘Bud’ Leinbaugh, commandant de compagnie, sur la droite.

Parvenus à proximité du lieu-dit le Calvaire, les deux gradés repèrent des blindés immobilisés, qu’ils prennent pour des Sherman du 771ème bataillon de chars. Leinbaugh envoie le sergent Phelps prendre contact avec les équipages pour leur demander de soutenir l’attaque.

Le sous-officier s’approche, longe le premier blindé à tâtons et frappe deux ou trois fois la tourelle de la crosse de son arme.

Une écoutille s’ouvre et, sortant le tronc, un membre d’équipage appelle : « Was ist los ? » (Que se passe-t-il ? »).

Réalisant que les blindés sont ennemis, Phelps blesse l’homme d’un coup de carabine et rejoint la compagnie en deux ou trois bonds, tandis que derrière lui, les Panzer ouvrent le feu à la mitrailleuse et même au canon.

Heureusement pour les Américains, ils ne peuvent baisser suffisamment leurs tirs pour les atteindre.

Quelques années plus tard, Phelps racontera la suite : « Je savais que pour s’opposer à ces chars, il nous fallait le bazooka, porté par un homme plus loin dans la colonne avec le 1er peloton et qui ne rejoignait pas assez vite à mon goût.

J’ai trouvé un autre bazooka dans le peloton derrière moi […].

J’ai chargé une roquette dans le tube, je me suis approché très près et j’ai tiré.

J’ai eu la satisfaction de constater que le bazooka fonctionnait correctement et que j’avais fait mouche, d’autant plus que je n’avais jamais tiré avec ce type d’arme auparavant.

J’ai fait deux ou trois allers-retours jusqu’au stock de munitions pour tirer à nouveau. « Quelqu’un s’est alors dit que nous avions besoin d’aide et notre artillerie s’est mise à tirer. Un éclat m’a traversé la main et le bras.

J’ai ressenti une brûlure et j’ai entendu l’éclat rebondissant sur la tôle du bazooka.

J’ai compris que j’avais été touché, mais cela ne me paraissait pas trop sérieux.

Un des hommes près de moi s’en est également rendu compte et s’est approché pour voir s’il pouvait m’aider.

Nous avons posé un garrot sur mon bras à l’aide de ma ceinture, puis je suis parti vers l’arrière en longeant le chemin.

J’ai croisé deux pelotons […] et tout ce que j’ai pensé à leur dire, c’était ‘Joyeux Noël, les gars !’ ».

Le 25 décembre…

Les deux autres compagnies quant à elles, ont suivi le bon itinéraire et entament la reconquête de Verdenne, maison par maison et cave par cave.

Progressant derrière la compagnie Kilo, la compagnie Lima a pris le bon chemin et établi le contact avec le peloton de Sherman comme prévu.
Attaquant vers 01h00, elle est rejointe par la compagnie Kilo du 334ème, réduite à une quarantaine d’hommes.

Soutenue par l’artillerie, la compagnie Lima entre dans le village et deux pelotons atteignent rapidement le côté Sud, où ils se retranchent.
Les autres troupes commencent le nettoyage systématique mais, dès qu’une maison ou une cave est libre d’Allemands, d’autres sortent d’on ne sait où pour l’occuper à nouveau.

A l’aube, La Compagnie Kilo est à nouveau envoyée au charbon pour reconnaitre les positions ennemies dans les bois du château de Verdenne, que l’on commence à nommer « Pocket of Verdenne ».

Les américains, qui ignorent alors qu’environ 200 grenadiers fuyant le dessus du village ont renforcé le groupe Bayer, sont à nouveau refoulés.

La réaction allemande ne se fait pas attendre : à l’aube, soutenu par neuf chars, le 2ème bataillon du Panzergrenadier-Regiment 156 avance à son tour vers le village, où les Américains attendent leurs adversaires de pied ferme.
Un tir de l’artillerie américaine séparant les Panzergrenadiere des chars, un Panther est pris à partie par le Staff Sergeant Edward Reineke, qui abat le chef de véhicule puis lance une grenade par l’écoutille ouverte.

Un déluge d’obus jaillissant de tous les canons et mortiers réunis des 333ème et 334ème Compagnies de la 84ème Division d’infanterie s’abat sur le village.

Ils font plus de 300 prisonniers dont plusieurs sont revêtus d’uniformes américains pris dans les dépôts d’approvisionnement.

Le colonel Johannes Bayer, chef de corps du Panzer-Regiment 16 est alors contraint de s’enrouler comme un « hérisson » pour se défendre tous azimut.

Toute la matinée les combats sont rudes, l’artillerie américaine pilonne les positions autour de la « Poche » et l’artillerie allemande concentre leurs tirs sur Bourdon.

Les américains sont blessés par leur propre artillerie, le moral est affecté. La 116ème Panzer division quant à elle essaye d’opérer la jonction avec le groupe Bayer afin d’éviter l’encerclement.

Mais ils sont repoussés après une heure de combat. En fin de journée à nouveau des renforts allemands venant du Sud essayeront de reprendre le haut du village en vain.

Mal informées, sans armement lourds, deux compagnies US se déploient vers 20H15 à l’Ouest du château pour nettoyer la « Poche » où la compagnie Kilo avait échoué au matin.
Des Allemands les obligent à se replier

Appelant le bataillon par radio, Leinbaugh obtient pour seule réponse de chasser les blindés de la route.
Réalisant que cet ordre est impossible à exécuter, il regroupe ses hommes, qu’il fait reculer jusqu’à une petite carrière de pierres où ils s’installent défensivement.
Faute de repousser l’ennemi, le lieutenant espère au moins être en mesure de bloquer une nouvelle tentative d’avance de sa part en direction de Bourdon.

Au soir du 25 décembre, les Américains sont à nouveau maîtres de Verdenne et ont rétabli leur front mais derrière celui-ci, deux compagnies de Panzergrenadiere renforcées d’une douzaine de chars occupent une « Poche » dont les Américains n’arrivent pas à les expulser.

Les Sherman sont appelés à la rescousse et neutralisent plusieurs Panzer, tandis que d’autres sautent sur des mines.
Lorsqu’en fin de journée, les Américains prennent enfin le dessus, Verdenne n’est plus que ruine, mais neuf chars ennemis sont hors de combat et les Américains ont fait 289 prisonniers.

Alors que la nuit tombe, Verdenne est à nouveau aux mains des Américains, qui ont réussi à rétablir un front au sud et au sud-est du village.
Un renfort supplémentaire arrive sous la forme du 1er bataillon du 333ème régiment d’infanterie, rentré de ses précédentes missions.

Il reste derrière les lignes américaines, entre le calvaire et le château, une « Poche » ennemie d’environ 1.250 m sur 750, occupée par deux compagnies de Panzergrenadiere du Kampfgruppe Bayer.

Une contre-attaque lancée à 20h00 par les compagnies Alpha et Bravo du 333ème régiment d’infanterie en vue de liquider la « Poche » aboutit sur un échec.

Profitant de la nuit, neuf Panzer se faufilent jusqu’à la « Poche » et, durant la journée du lendemain, certains sortiront régulièrement leur canon du bois pour prendre sous leur feu des véhicules américains empruntant la nationale 86.

 

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